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	<title>Paris 3 Social Club</title>
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	<pubDate>Sat, 24 Jul 2010 10:49:49 +0000</pubDate>
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	<language>en</language>
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		<title>Compte-Rendu : Les nouveaux visages de l’extrême droite - Mardi 1er Juin à 18h30</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Jun 2010 21:18:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Social Buro</dc:creator>
		
		<category>Uncategorized</category>

		<category>Culture</category>

		<category>COURS ALTERNATIFS</category>

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		<description><![CDATA[
Compte-rendu non exhaustif de la conférence du 1er juin
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I.               Les nouveaux visages de l’extrême droite, par Jean-Yves Camus 
J-Y. Camus livre une analyse centrée sur l’organisation des mouvements politiques d’extrême droite après la seconde guerre mondiale et leurs résultats électoraux. Il réfute l’existence d’une « vague » nouvelle d’extrême droite, en expliquant que l’extrême [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="flyer-antifa_web.jpg" class="imagelink" href="http://www.paris3socialclub.org/wp-content/uploads/2010/05/flyer-antifa_web.jpg"><img alt="flyer-antifa_web.jpg" id="image280" src="http://www.paris3socialclub.org/wp-content/uploads/2010/05/flyer-antifa_web.thumbnail.jpg" /></a></p>
<p>Compte-rendu non exhaustif de la conférence du 1er juin</p>
<p><code />- - - -</p>
<p class="MsoNormal">
<p style="margin-left: 54pt; text-indent: -36pt" class="MsoListParagraph"><!--[if !supportLists]--><strong><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%">I.               </span></strong><!--[endif]--><strong><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%">Les nouveaux visages de l’extrême droite, par Jean-Yves Camus </span></strong></p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">J-Y. Camus livre une analyse centrée sur l’organisation des mouvements politiques d’extrême droite après la seconde guerre mondiale et leurs résultats électoraux. Il réfute l’existence d’une « vague » nouvelle d’extrême droite, en expliquant que l’extrême droite connaît, au fil des époques, des défaites et des succès. Il pointe cependant chez les mouvements d’extrême droite nouveaux (ou reconstitués) une modernité dans l’approche du militantisme, notamment à travers l’utilisation d’internet et la capacité à structurer des réseaux qui dépassent les divergences idéologiques, culturelles ou stratégiques. Il met en évidence une capacité de l’extrême droite à se positionner, y compris au sein de l’échiquier politique, comme une mouvance en marge, exclue, voire tyrannisée – ce discours trouvant un écho chez un certain nombre de populations discriminées, se percevant comme telles ou connaissant des conditions économiques et sociales difficiles.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Un participant questionne les organisateurs sur l’iconographie choisie pour annoncer la conférence. Il considère peu judicieuse l’utilisation de symboles pouvant renvoyer à l’orientation sexuelle et insiste sur la nécessité de concevoir l’extrême droite y compris à travers les idées qu’elle diffuse et dont elle se nourrit en lien avec l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie, etc.<a id="more-282"></a></p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Les organisateurs expliquent avoir souhaité détourner la symbolique hitlérienne encore fortement associée à l’extrême droite dans les esprits, précisément pour interpeller l’audience sur les pièges d’une représentation figée de l’extrême droite.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">J-Y. Camus précise que les néo-nazis au sens strict du terme s’avèrent aujourd’hui peu nombreux. Il souligne que, si les idéologies ne disparaissent jamais réellement (qu’il s’agisse du marxisme ou du suprémacisme), les mouvements politiques se recomposent autour d’images ou de concepts mobilisés différemment.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Un participant raconte les discriminations et la violence vécues au quotidien par les habitants des quartiers populaires, y compris au sein des administrations et dans les rapports avec les fonctionnaires. Il cite en exemple la réflexion faite par un enseignant s’étonnant qu’un immigré de troisième génération porte encore le prénom de Mohammed. Ce faisant, il interroge les conférenciers sur la façon dont ils positionnent le racisme ordinaire et les postures d’extrême droite sur l’échiquier politique, ainsi que sur les moyens d’y répondre.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal"><em>Ce participant est interrompu dans son intervention. S’en suit une invective dont une analyse sera proposée en ouverture du troisième volet de la conférence. </em></p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Après une première réponse qualifiant de « gros cons » les personnes se livrant à de tels actes, J-Y. Camus reconnaît ne pas couvrir, par ses recherches, l’ensemble des enjeux d’une résistance à l’extrême droite.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Un participant insiste sur la nécessité de considérer également le développement des mouvements d’extrême droite et du vote Front national en milieu rural. Le débat permet ensuite de mettre en évidence que le vote Front national en milieu rural ne correspond pas nécessairement au vote paysan mais prend souvent racine dans les petites agglomérations frappées par des désillusions économiques et sociales.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Un participant constate la capacité des mouvements récents à occuper un terrain social jusqu’à présent peu investi. Il cite en exemple l’implantation de plusieurs réseaux d’extrême droite à Chauny, dans le département de l’Aisne (02). Il fait également état d’une mobilisation réduite pour contrer la mouvance sur place et d’un faible soutien à cette mobilisation.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">J-Y. Camus voit dans cette occupation du terrain un nouveau signe de modernité, en établissant un parallèle avec les créations de centres sociaux d’extrême droite en Italie. Il confirme l’intérêt d’une étude plus poussée de ces phénomènes. Il observe par ailleurs que les formations susceptibles de lancer des actions violentes conservent souvent des dimensions groupusculaires et insiste davantage sur leur capacité à se constituer en réseau.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Répondant à un participant s’interrogeant sur la recomposition des groupes politiques ou officines d’extrême droite (Nouvelle Droite, Club de l’horloge, GRECE, etc.), J-Y. Camus explique que les mouvements politiques d’extrême droite se recomposent généralement à mesure que leurs membres s’insèrent dans des partis politiques plus à même de satisfaire leurs ambitions carriéristes. Il estime, du reste, que la passation de pouvoir de Jean-Marie Le Pen devra être observée avec la plus grande attention.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Un participant soulève l’hypothèse d’un rapprochement entre la droite et l’extrême droite françaises, selon le modèle italien. Le débat s’enrichit ensuite de comparaisons à l’échelle internationale.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">J-Y. Camus souligne l’impossibilité d’opérer une généralisation du contexte politique à l’échelle européenne. Il cite en exemple le récent échec de l’extrême droite aux élections législatives tchèques. Il insiste sur la nécessité de se pencher sur les conditions d’existence de tel ou tel mouvement dans tel ou tel pays.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Un participant attire l’attention sur la responsabilité de la gauche française dans la diffusion des idées d’extrême droite au milieu des années 80’, à travers l’ethnicisation et la territorialisation des problématiques sociales. Il explique que l’immigré et le banlieusard ont été rendus responsables des difficultés sociales, puis des scores électoraux de l’extrême droite, ayant à subir une double stigmatisation ainsi que l’un et l’autre de ces maux (difficultés sociales et comportements d’extrême droite).</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">J-Y. Camus fait observer que la classe politique française a longtemps vécu dans l’illusion que l’extrême droite ne pouvait plus ressurgir politiquement après la seconde guerre mondiale.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Un participant rappelle la nécessité de considérer l’articulation entre l’extrême droite et la bourgeoisie dans un système capitaliste.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">J-Y. camus met en garde contre la tentation du « tout est dans tout ». Il défend en cela la complémentarité des analyses menées selon des angles divers. Il ajoute qu’un même chercheur ne saurait embrasser l’ensemble des sujets ayant trait à l’extrême droite. Pour des raisons linguistiques, il indique ainsi ne pas s’être penché personnellement sur le cas hongrois.</p>
<p style="margin-left: 54pt; text-indent: -36pt" class="MsoListParagraph"><!--[if !supportLists]--><strong><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%">II.              </span></strong><!--[endif]--><strong><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%">Université et réaction, histoire du GUD</span></strong></p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Une intervention est proposée par un militant sur l’historique du GUD, dernièrement reformé. Il explique que le Groupe Union Défense est un des seuls exemples de mouvement universitaire d’extrême droite à perdurer sur plusieurs décennies, pour bénéficier  encore aujourd’hui d’une certaine résonance. Il précise que le GUD reformé est aujourd’hui dirigé par le fils d’un ancien membre actif. Il détaille les faits ayant conduit récemment à l’arrestation de plusieurs militants d’extrême gauche, suite à des affrontements avec le GUD. Il insiste sur les différences dans le traitement judiciaire réservé aux uns et aux autres. Les participants à la conférence sont invités à alimenter une caisse de solidarité envers les militants jugés prochainement.</p>
<p style="margin-left: 54pt; text-indent: -36pt" class="MsoListParagraph"><!--[if !supportLists]--><strong><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%">III.            </span></strong><!--[endif]--><strong><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%">Construire un antifascisme populaire, débat avec des militants du Forum Social des Quartiers Populaires</span></strong></p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Les conférenciers dressent le constat d’un fossé entre les mouvements antifascistes et les quartiers populaires, comme en témoigne l’altercation survenue durant le premier volet de la conférence.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Les conférenciers constatent, de fait, une relative uniformité dans la population présente aux rassemblements antifascistes – ces derniers mobilisant majoritairement de jeunes blancs issus des classes moyennes. En outre, ils font état d’une absence de présence physique des militants antifascistes dans les quartiers, en précisant que certains y dorment mais n’y vivent pas. Le débat sur la laïcité constituerait également une source d’incompréhension et de clivage.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">De manière générale, les militants antifascistes se seraient peu à peu repliés sur eux-mêmes au cours des 15 dernières années, s’appuyant sur un corpus, une identité culturelle et des logiques d’action peu partagés par les habitants des quartiers populaires.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Les militants des quartiers populaires, quant à eux, ont encore peine à déconstruire le stéréotype du banlieusard nécessairement peu politisé, exerçant une fascination par sa capacité supposée à affronter la police et à brûler des voitures, mais suscitant la condescendance par son incapacité supposée à s’inscrire dans une lutte politique. En rappelant que l’histoire des quartiers populaires demeure faite de luttes sociales et politiques (luttes pour la résorption des bidonvilles, marche pour l’égalité, occupations d’usines, comité contre la double peine, mouvements des sans-papiers, etc.), les conférenciers défendent la légitimité politique des initiatives menées loin des schémas traditionnels de l’antifascisme. Ils expliquent que des logiques d’action sociale et militante se sont construites aussi bien autour de la culture et du sport qu’autour de combats contre les violences policières, pour le droit de vivre dans un logement décent, etc.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Les conférenciers estiment symptomatique que les logiques militantes des uns et des autres soient aujourd’hui renvoyées dos à dos, y compris à travers les imaginaires : pour les uns, les antifascistes ne font qu’organiser des rassemblements de jeunes en blousons de cuir (à peine différenciables de certains skinheads) ; pour les autres, les banlieusards ne font qu’organiser des matchs de foot et des concerts de rap, sans réelle portée politique.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Du reste, les conférenciers soulignent que l’antifascisme n’apparaît généralement pas comme une priorité aux yeux des habitants des quartiers populaires. Les quartiers étant peu soumis à des raids de militants d’extrême droite, d’autres problématiques telles que la rénovation urbaine ou la lutte contre les discriminations y paraissent plus prégnantes.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Les conférenciers justifient néanmoins la nécessité de construire un antifascisme populaire. D’une part, ils constatent que des alliances se forment entre des mouvements d’extrême droite et des mouvements militants dont certains se revendiquent des quartiers populaires, à travers le Parti antisioniste de Dieudonné, le MDI de Kémi Séba, etc. D’autre part, ils soulignent que des apprentissages sont possibles au travers de mouvements plus larges et plus ouverts. Ils citent en exemple les liens productifs créés au travers du Forum social des quartiers populaires et de la liste Emergence (constituée à l’occasion des élections régionales de 2010).</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">En filigrane, le débat permet de mettre en évidence la méfiance des militants des quartiers populaires à l’égard des organisations politiques de gauche, du fait des nombreuses tentatives de récupération et de sape des mouvements des quartiers populaires et de l’immigration (à travers SOS racisme notamment) et du fait de l’opposition frontale parfois rencontrée (dans les municipalités communistes ou dans les cortèges de certaines manifestations). Les nombreux stéréotypes accolés aux quartiers populaires sont également rappelés : casseurs, intégristes, etc.</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">En conclusion, les conférenciers évoquent troi pistes de convergence entre les mouvements antifascistes et les militants des quartiers populaires : la lutte pour les droits du peuple palestinien (susceptible de permettre un dépassement des clivages et l’inscription de tous dans une perspective au caractère fondamentalement politique) ; la lutte contre les violences policières et la construction de lieux d’échanges communs d’informations (plateforme internet, réseaux d’information communs, etc.).</p>
<p style="text-align: justify" class="MsoNormal">Les conférenciers annoncent également la tenue du forum « Justice pour Naguib et toutes les victimes de violences policières » les <a target="_blank" href="http://fsqp.free.fr/">12 et 13 juin 2010 à Montatair</a> (60), en invitant les participants à venir y débattre.</p>
<p><!--EndFragment-->
</p>
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		<title>Original Rude Boy</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Mar 2010 18:26:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Miss Bretzel</dc:creator>
		
		<category>Culture</category>

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		<description><![CDATA[La récente autobiographie de Neville Staple (Aurum Press, 2009), dont les talents de &#8220;toasting&#8221; lui ont valu de participer à l&#8217;histoire collective de &#8220;The Specials&#8221;, n&#8217;est pas seulement l&#8217;occasion de se repasser &#8220;A Message to You, Rudy&#8221; ou &#8220;Gangsters&#8221; en opinant du trilby d&#8217;un air entendu (parce qu&#8217;on en comprend désormais les paroles) ou satisfait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La récente autobiographie de Neville Staple (Aurum Press, 2009), dont les talents de &#8220;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Deejaying">toasting</a>&#8221; lui ont valu de participer à l&#8217;histoire collective de &#8220;The Specials&#8221;, n&#8217;est pas seulement l&#8217;occasion de se repasser &#8220;<a href="http://www.deezer.com/listen-3132601">A Message to You, Rudy</a>&#8221; ou &#8220;<a href="http://www.deezer.com/listen-1692270">Gangsters</a>&#8221; en opinant du <em>trilby</em> d&#8217;un air entendu (parce qu&#8217;on en comprend désormais les paroles) ou satisfait (parce qu&#8217;on sait déjà qu&#8217;on aura du mal à n&#8217;en pas gratifier, chant à l&#8217;appui, tous nos petits camarades de soirées mondaines).</p>
<p>Outre que l&#8217;occasion de crâner un peu est toujours bonne à prendre, il se trouve que l&#8217;histoire de Neville, écrite à quatre mains avec l&#8217;aide d&#8217;un journaliste londonien, rejoint en de multiples lieux celle des crises sociale, industrielle et économique qui ébranlèrent le Royaume Uni dans les années 70. <a id="more-279"></a></p>
<p>Cette histoire est celle des tensions qui mèneront, en 1981, aux tristement célèbres émeutes du &#8220;Bloody Saturday&#8221; de Brixton, dont les secousses seront ressenties dans une longue série de soulèvements et d&#8217;affrontements au cœur des &#8220;inner cities&#8221; de Leeds, Liverpool, Coventry, Leicester, Bristol, Edimbourg, ou Gloucester&#8230;Et puis c&#8217;est aussi celle, encore, d&#8217;une génération de mécontents: du sursaut conservateur du &#8220;Winter of Discontent&#8221; aux cris de ralliement des jeunes écumant les salles de concerts punk, le pays semblait alors se scinder en colères mutuelles, antagoniques, et bruyantes.<br />
Le parcours de Neville au sein de &#8220;The Specials&#8221; débute en 1977 et s&#8217;achève en 1981. Dans ses propres mots, &#8221; (&#8230;) the night Maggie Thatcher was elected Prime Minister on 4 May 1979, we played the Moonlight Club in West Hampstead in London. We had no idea at this stage how much our music would become the theme tunes for everything ordinary kids hated about the new government.&#8221;<br />
La popularité grandissante de The Specials n&#8217;échappe pas à The Clash, qui les invitent sur la tournée &#8220;On Parole&#8221;, et leur ouvrent de la sorte les portes de toutes les salles historiques de l&#8217;île (le Queens Hall à Leeds, la Factory de Manchester, le Music Hall d&#8217;Aberdeen, le Top Rank de Cardiff ou la &#8220;Camden Music Machine&#8221; de Londres). Dès lors, le son de cette seconde vague de ska est résolument associé à celui, incomparable, des &#8220;Specials&#8221;, formation atypique dont le nom, ainsi que le nombre de membres, n&#8217;a cessé d&#8217;évoluer.</p>
<p>Aux côtés de groupes comme The Selecter ou Madness avec qui ils assureront la mythique tournée &#8220;Two Tone&#8221;, les Specials ne pouvaient manquer d&#8217;affirmer leur spécificité. Ainsi que l&#8217;a magistralement résumé un chroniqueur pour Smash Hits à l&#8217;époque, commentant deux des &#8220;voix&#8221; des Specials: &#8220;it&#8217;s the contrast between his (i.e. Terry Hall) abrasive Midlands tones and the racy patter of Neville Staple that makes the whole punk reggae idea work&#8221;.</p>
<p>Là où les Londoniens de Madness s&#8217;attiraient bien malgré eux les faveurs d&#8217;un public aux positions politiques parfois proches de celles du National Front, The Selecter, emmenés par Pauline Black, travaillaient des beats plus proches du reggae qui leur vaudraient l&#8217;admiration de John Peel ou du magazine Rolling Stone, qui les jugeaient plus &#8220;authentiques&#8221; que The Specials. Ces derniers ont pourtant le mieux incarné la rencontre historique de musiques, d&#8217;accents et de jeunesses jusque là ignorantes l&#8217;une de l&#8217;autre.</p>
<p>La biographie de Staple fait en effet une large place aux raisons pour lesquelles, en ces années, certains membres de The Specials, comme Horace Panter ou Terry Hall, issus de la petite bourgeoisie blanche et éduquée des Midlands, n&#8217;auraient probablement pas eu, en dehors de cette scène, l&#8217;occasion de rencontrer et de partager le quotidien de Neville et plusieurs de ses proches, engagés comme <em>roadies</em> sur la tournée.</p>
<p>Alors qu&#8217;Horace et Terry finissaient, en même temps que Pauline Black, leur cursus universitaire, seuls les cambriolages, la prison ou la violence avaient rythmé les premières années des &#8220;Rude Boys&#8221; de Coventry, avant de céder la place au ska, un genre musical qui leur permit d&#8217;enrichir le punk déclinant de l&#8217;âme des &#8220;houses of joy&#8221; ou des &#8220;blues parties&#8221; que la première génération de Jamaïcains immigrés avaient su développer aux marges de l&#8217;Angleterre pré-thatcherienne.</p>
<p>&#8220;Maggie&#8217;s people were in the south east and posher bits of Britain. Our people were in the inner cities and they would very soon show Maggie what they thought of her policies.&#8221;</p>
<p>Staple rappelle à de nombreuses occasions dans son texte que, face aux divisions croissantes de la société britannique, le seul public des Specials, qui rassemblait pêle-mêle premiers skinheads, suedeheads, rudeboys, anciens punks ou étudiants, femmes et hommes, constituait sans doute la réponse la plus efficace aux discours de haine qui commençaient alors de trouver une certaine audience auprès des Britanniques.<br />
Si l&#8217;hétérogénéité de la composition du groupe et de régulières querelles personnelles précipiteront le départ de certains &#8220;historiques&#8221;, dont Neville, il n&#8217;empêche qu&#8217;il reste de la lecture de cette histoire une furieuse envie de ressortir son sta-prest et ses mocassins en même temps que son plus bel optimisme, dont les sons de The Specials constituent un hymne tout trouvé.</p>
<p align="center">***</p>
<p>Et pour la route, parce que je ne résiste pas, <a href="http://www.deezer.com/listen-3132600">my own personal favourite</a>, pour tout un tas d&#8217;excellentes raisons.
</p>
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		<title>Colère Universitaire - Le film</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 14:18:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Social Buro</dc:creator>
		
		<category>écrans rebelles</category>

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		<description><![CDATA[
Pour que l&#8217;Université reste accessible, en France, à tous, Colère Universitaire s&#8217;intéresse aux universitaires. Le film est en avant-première le 10 mars à 19h30, à la Sorbonne Nouvelle.
Dans ce film, il est question de la France que regardent les étudiants internationaux qui viennent, dans le cadre d&#8217;un programme d&#8217;échange (Erasmus, mobilité internationale) pour un semestre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object width="420" height="336"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xc3i1u"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xc3i1u" type="application/x-shockwave-flash" width="420" height="336" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object></p>
<p>Pour que l&#8217;Université reste accessible, en France, à tous, Colère Universitaire s&#8217;intéresse aux universitaires. Le film est en avant-première le 10 mars à 19h30, à la Sorbonne Nouvelle.<br />
Dans ce film, il est question de la France que regardent les étudiants internationaux qui viennent, dans le cadre d&#8217;un programme d&#8217;échange (Erasmus, mobilité internationale) pour un semestre ou un an d&#8217;étude et qui parlent, non seulement, de la France mais aussi des Français, des Parisiens, et surtout, de la grève qu&#8217;a connu
</p>
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		<title>Born in Flames (1983)</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Jan 2010 23:02:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Miss Bretzel</dc:creator>
		
		<category>Culture</category>

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Le film de Lizzie Borden (1), sorti en 1983, est d&#8217;abord conçu comme une immense pièce musicale. &#8220;Born in Flames&#8221; est en effet également le titre d&#8217;un morceau du groupe texan The Red Crayola (2), par lequel s&#8217;ouvre le film. Les paroles et la voix de Lora Logic (3) fonctionnent dans ce film comme un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><img width="198" height="232" align="texttop" src="http://www.lunivers.org/1/janv-28-29-30_born-in-flames-BD.jpg" /></p>
<p align="left">Le film de Lizzie Borden (1), sorti en 1983, est d&#8217;abord conçu comme une immense pièce musicale. &#8220;Born in Flames&#8221; est en effet également le titre d&#8217;un morceau du groupe texan <em>The Red Crayola</em> (2), par lequel s&#8217;ouvre le film. Les paroles et la voix de Lora Logic (3) fonctionnent dans ce film comme un refrain entêtant dont dès la première scène, Isabel (4), animatrice pour la fréquence pirate « Radio Ragazza », annonce au spectateur qu’elle fixe droit dans les yeux qu’il n’aura de cesse que de l’entendre, partout, toujours. Deux années seulement après la première édition du festival de rock féminin &#8220;Venus Weltklang&#8221; à Berlin (5), qui avait réuni un certain nombre des noms qui apparaissent au générique de <em>Born in Flames</em>, le film de Borden semble prolonger les amitiés formées autour de cette scène encore neuve, ouverte par les Mo-dettes (formé par une ex-Slits), LiLiPUT, ou the Au-Pairs.</p>
<p align="center"><a id="more-277"></a></p>
<p>La seule cadence des morceaux qui scandent les 90 minutes du film porte tout ce long-métrage de science-fiction féministe filmé à la manière d’un documentaire (6). La matière sonore assure la plus grande partie de la cohésion paradoxale d’un montage précaire mais incroyable d’images d’archives, de séquences enchaînées les unes aux autres sans transition sinon rythmique, ou de performances d’actrices non professionnelles issues pour la plupart des rangs des militantes féministes américaines des années 70 et 80 (7).</p>
<p>Située dans un New York « d’après » - néanmoins très proche visuellement de la mégalopole à la veille de la ré-élection de Reagan - l’action s’ouvre sur les cérémonies commémoratives du dixième anniversaire d’une révolution démocratique socialiste pacifique qui a laissé place à une société rongée par l’inflation, le chômage et les inégalités. Les minorités ethniques, les femmes, les syndicalistes ou les homosexuel(le)s se voient progressivement privé(e)s de leurs droits, de l’accès à l’emploi et de leur voix, sous l’emprise d’un gouvernement superficiellement consensuel dont le credo d’unité s’efforce d’ensevelir les dissidences potentielles. Les représentant(e)s du parti ne cessent de réaffirmer les vertus de la patience, et leur croyance inébranlable en la pente naturelle de leur société vers l’égalité, aidés d’agents du FBI dont les fiches, les échanges ou les enregistrements vidéos et sonores des opposants placés sous surveillance servent de support récurrent à la réalisatrice.</p>
<p>Au travers du pays, les mobilisations féministes se multiplient sous des formes diverses, à l’instigation de militantes noires, blanches, ouvrières, employées de bureau, journalistes, syndiquées, lesbiennes, mères de familles, hétérosexuelles ou célibataires. Toutes ne s&#8217;expriment pas en anglais: on y entend de l&#8217;espagnol, du français, des chants sahraouis. Car le contexte international, et notamment les manifestations de femmes algériennes en soutien à des militantes polisariennes, abreuve également la révolution américaine.</p>
<p>De ce maillage polyphonique sont issus des collectifs aussi divers que les groupes de vigilance de la <em>Women’s Army</em>, emmenés par des féministes blanches armées de sifflets et se déplaçant uniquement à vélo, qui sillonnent la ville pour protéger les femmes victimes d&#8217;agressions dans la rue. Isabel, la voix de <em>Radio Ragazza,</em> improvise de son côté des slams nerveux et habités, tandis que « Phoenix Radio » résonne du timbre enveloppant et du débit posé de la bien-nommée &#8220;Honey&#8221;. Face à ces actions, les partisanes du gouvernement en place se confondent en de longs débats psychanalytiques qu’elles formulent, aux côtés d’experts, dans un « RP English » lisse, aseptisé mais contondant, face aux caméras des chaînes de télévision nationale.</p>
<p>Autant d&#8217;accents dans la &#8220;petite musique&#8221; des voix, des sifflets, des ondes, des écoutes du FBI, des mégaphones, et dans la cacophonie qu&#8217;ils produisent, accompagnent ou contredisent. Dès le premier plan, le spectateur est sommé d&#8217;ouvrir les yeux mais surtout, les oreilles: &#8220;Hi there, this is Isabel, from <em>Radio Ragazza</em>, bringing you a little tune that you&#8217;ll be hearing an awful lot these days, from the makers of our revolution. You might not be hearing it here, but you&#8217;ll be hearing it everywhere else you go.&#8221;<br />
Et parce qu’il s’agit de science-fiction, ces sensibilités politiques irréconciliables parviennent finalement à s’entendre, mais sans jamais se confondre  ou s&#8217;annuler, dans une guérilla armée dirigée contre les relais médiatiques principaux (on ne s&#8217;étonnera pas que la cible finale des femmes soit l&#8217;antenne qui domine le World Trade Centre). Le film a reçu à ce sujet de nombreuses critiques négatives : le choix d’un dénouement « viriliste » et martial reste matière à discorde. Les scènes de formation militaire de l&#8217;armée féministe ont marqué la réception du long-métrage au sceau de la controverse.</p>
<p>Mais il serait dommage de réduire ce qui demeure une œuvre de science-fiction à des enjeux « propagandaires » d&#8217;appel à la lutte armée dont Borden s’est précocement défendue et dont la cohésion ou la solidité se défait à l’épreuve de sa seule filmographie (ses films ultérieurs proposent des visions politiques très éloignées de celle qui est mise en avant dans « Born in Flames »). Ce film, réalisé avec un budget dérisoire sur plusieurs années, ne tend pas vers une conclusion unique ou définitive : en mêlant sans unité apparente ou évidente images d’archives, coupures de journaux ou montages vidéos à des scènes de pure anticipation, Borden traite d’abord du mélange des genres, à tous les niveaux (ce qui n’est pas sans rappeler la remarque d’un homme pris à parti par des militantes alors qu’il harcèle une femme dans le métro : « What are you ? Are you women or men ? »).</p>
<p>Car il importe précisément de ne pas trancher, de ne pas essentialiser ou figer le discours, l’image ou les « leçons » de l’histoire. Les actrices changent d’apparence, de coupe de cheveux et de visage tout au long du film. Les radios Ragazza et Phoenix réunies après l&#8217;incendie de leurs locaux respectifs en une aventure itinérante commune s&#8217;émancipent finalement de la stabilité de leur position première.</p>
<p>Ainsi qu’il est rappelé dans le communiqué final de la <em>Women’s Army, </em>lu au son d&#8217;une reprise géniale de &#8220;No Woman, No Cry&#8221; interprétée par un ensemble vocal féminin sur fond de percussions et de claquements de mains: &#8220;the governement (&#8230;) denies the very basis of true socialism which is constant struggle and change&#8221;.</p>
<p align="center">Bien que le film aborde de nombreuses questions désormais dépassées, que certaines déclarations aient vieilli, le plaisir visuel et sonore de la spectatrice, lui, demeure.</p>
<p align="center">***</p>
<p align="left">(1) de son vrai nom Linda Elizabeth Borden, la réalisatrice choisira délibérément de se faire connaître sous ce pseudonyme en référence à une femme accusée injustement de meurtre et devenue une figure populaire du folkore américain.</p>
<p>(2) le fabricant de fournitures &#8220;Crayola&#8221; n&#8217;avait pas encore amené la formation à se renommer &#8220;The Red Krayola&#8221;.</p>
<p>(3) à l&#8217;époque &#8220;Lora Logic&#8221; (Susan Whitby), ex-saxophoniste des X-Ray Spex (qu&#8217;elle rejoindra à nouveau tardivement, dans la première moitié des années 90, à l&#8217;occasion d&#8217;une reformation éphémère), est à la tête de la formation qu&#8217;elle a créée en 1978, &#8220;Essential Logic&#8221;, mais elle participe également à des albums des Red Crayola, des Raincoats, de Kolla Kestää ou des Swell Maps.</p>
<p>(4) Isabel est interprétée par Adele Bertei, alors membre des <em>Bloods</em>, mais qui a aussi participé à l&#8217;histoire des <em>Contortions</em> avec Pat Place, également à l&#8217;affiche du film, qu&#8217;elle retrouve peu après au sein des <em>Bush Tetras</em>.</p>
<p>(5) Le festival a donné lieu à une compilation (cf. pochette ci-dessous) de 13 titres enregistrés lors des concerts de 1981, joués par The Au Pairs, Die Hausfrauen, LiLiPUT, the Mo-dettes, Malaria!, Lilidrop, Insisters, Wicked Lady, Unknown Gender, Carambolage, Pink Plastic &amp; Panties et Bitchband No. 1.<br />
<img width="271" height="252" src="http://www.flying-lesbians.de/images/venusweltklang.jpg" /></p>
<p>(6) Teresa de Lauretis, dans &#8220;Aesthetics and Feminist Theory: Rethinking Women&#8217;s Cinema&#8221;, souligne la facture sensiblement &#8220;post-Marker&#8221; du montage (le &#8220;Sans Soleil&#8221; de Chris Marker, qui bouleverse explicitement les limites du genre documentaire est sorti l&#8217;année précédente, et le &#8220;Grin Without a Cat&#8221; - &#8220;Le fond de l&#8217;air est rouge&#8221; - en 1977). Quant au choix de la science-fiction, il porte également témoignage, d&#8217;après De Lauretis, de l&#8217;influence d&#8217;écrivaines féministes lesbiennes contemporaines, comme Joanna Russ ou Alice Sheldon, a.k.a. James Tiptree Jr.)</p>
<p>(6) le casting compte notamment Florynce Kennedy.
</p>
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		<title>Atelier de Salsa le Jeudi</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jan 2010 16:21:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Social Buro</dc:creator>
		
		<category>Culture</category>

		<category>COURS ALTERNATIFS</category>

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		<description><![CDATA[
Des étudiants de Paris 3 organisent un atelier de Salsa, tous les jeudi de 18h à 19h.
Places limitées, réservations au 06 07 39 58 57

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image273" alt="atelier_salsa.jpg" src="http://www.paris3socialclub.org/wp-content/uploads/2010/01/atelier_salsa.jpg" /></p>
<p>Des étudiants de Paris 3 organisent un atelier de Salsa, tous les jeudi de 18h à 19h.<br />
Places limitées, réservations au 06 07 39 58 57
</p>
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		<title>2010</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Jan 2010 11:26:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Social Buro</dc:creator>
		
		<category>Insolite</category>

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		<description><![CDATA[

Le Paris 3 social club, le collectif Libertaire et la section CNT souhaitent à tous les étudiants et à tous les personnels de Paris 3 une très belle année 2010 pleine de joies, de solidarités, de révoltes, de découvertes, de gourmandises et de plaisirs.

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="imagelink" title="cntvoeux.jpg" href="http://www.paris3socialclub.org/wp-content/uploads/2010/01/cntvoeux.jpg"><img width="382" height="310" id="image275" alt="cntvoeux.jpg" src="http://www.paris3socialclub.org/wp-content/uploads/2010/01/cntvoeux.jpg" /><br />
</a></p>
<p>Le Paris 3 social club, le collectif Libertaire et la section CNT souhaitent à tous les étudiants et à tous les personnels de Paris 3 une très belle année 2010 pleine de joies, de solidarités, de révoltes, de découvertes, de gourmandises et de plaisirs.
</p>
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		<title>Monsieur le Président devenez Camusien !</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 11:45:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>El Guayabero</dc:creator>
		
		<category>Culture</category>

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		<description><![CDATA[
par Michel Onfray, Le Monde, Article paru dans l&#8217;édition du 25.11.09 
Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d&#8217;accueillir les cendres d&#8217;Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><img alt="albert_camus.jpg" src="http://www.paris3socialclub.org/wp-content/uploads/2009/11/albert_camus.jpg" /></em></p>
<p><em>par Michel Onfray, Le Monde, Article paru dans l&#8217;édition du 25.11.09 </em></p>
<p>Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d&#8217;accueillir les cendres d&#8217;Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : &#8220;Aux grands hommes, la patrie reconnaissante&#8221;. Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre et qu&#8217;une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l&#8217;éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles.<br />
<a id="more-269"></a><br />
De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l&#8217;histoire sans jamais commettre d&#8217;erreurs : il n&#8217;a jamais, bien sûr, commis celle d&#8217;une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux : désireux de s&#8217;engager pour combattre l&#8217;occupant, mais refusé deux fois pour raisons de santé, il s&#8217;est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses compagnons philosophes. De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la liberté à l&#8217;Ouest pour l&#8217;estimer totale à l&#8217;Est : il ne se commit jamais avec les régimes soviétiques ou avec le maoïsme.</p>
<p>Camus fut l&#8217;opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées. Pour cela, il fut bien un grand homme quand tant d&#8217;autres se révélèrent si petits.</p>
<p>Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à Louis Germain, l&#8217;instituteur qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d&#8217;origine en devenant, par la culture, les livres, l&#8217;école, le savoir, celui que l&#8217;Académie suédoise honorait ce jour du prix Nobel ? Car, je vous le rappelle, vous avez dit le 20 décembre 2007, au palais du Latran : &#8220;Dans la transmission des valeurs et dans l&#8217;apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l&#8217;instituteur ne pourra jamais remplacer le curé.&#8221; Dès lors, c&#8217;est à La Princesse de Clèves que Camus doit d&#8217;être devenu Camus, et non à la Bible.</p>
<p>De même, comment justifierez-vous, Monsieur le Président, vous qui incarnez la nation, que vous puissiez ostensiblement afficher tous les signes de l&#8217;américanophilie la plus ostensible ? Une fois votre tee-shirt de jogger affirmait que vous aimiez la police de New York, une autre fois, torse nu dans la baie d&#8217;une station balnéaire présentée comme très prisée par les milliardaires américains, vous preniez vos premières vacances de président aux Etats-Unis sous les objectifs des journalistes, ou d&#8217;autres fois encore, notamment celles au cours desquelles vous avez fait savoir à George Bush combien vous aimiez son Amérique.</p>
<p>Savez-vous qu&#8217;Albert Camus, souvent présenté par des hémiplégiques seulement comme un antimarxiste, était aussi, et c&#8217;est ce qui donnait son sens à tout son engagement, un antiaméricain forcené, non pas qu&#8217;il n&#8217;ait pas aimé le peuple américain, mais il a souvent dit sa détestation du capitalisme dans sa forme libérale, du triomphe de l&#8217;argent roi, de la religion consumériste, du marché faisant la loi partout, de l&#8217;impérialisme libéral imposé à la planète qui caractérise presque toujours les gouvernements américains. Est-ce le Camus que vous aimez ? Ou celui qui, dans Actuelles, demande &#8220;une vraie démocratie populaire et ouvrière&#8221;, la &#8220;destruction impitoyable des trusts&#8221;, le &#8220;bonheur des plus humbles d&#8217;entre nous&#8221; (Œuvres complètes d&#8217;Albert Camus, Gallimard, &#8220;La Pléiade&#8221;, tome II, p. 517) ?</p>
<p>Et puis, Monsieur le Président, comment expliquerez-vous que vous puissiez déclarer souriant devant les caméras de télévision en juillet 2008 que, &#8220;désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s&#8217;en aperçoit&#8221;, et, en même temps, vouloir honorer un penseur qui n&#8217;a cessé de célébrer le pouvoir syndical, la force du génie colérique ouvrier, la puissance de la revendication populaire ? Car, dans L&#8217;Homme révolté, dans lequel on a privilégié la critique du totalitarisme et du marxisme-léninisme en oubliant la partie positive - une perversion sartrienne bien ancrée dans l&#8217;inconscient collectif français&#8230; -, il y avait aussi un éloge des pensées anarchistes françaises, italiennes, espagnoles, une célébration de la Commune, et, surtout, un vibrant plaidoyer pour le &#8220;syndicalisme révolutionnaire&#8221; présenté comme une &#8220;pensée solaire&#8221; (t. III, p. 317).</p>
<p>Est-ce cet Albert Camus qui appelle à &#8220;une nouvelle révolte&#8221; libertaire (t. III, p. 322) que vous souhaitez faire entrer au Panthéon ? Celui qui souhaite remettre en cause la &#8220;forme de la propriété&#8221; dans Actuelles II (t. III, p. 393) ? Car ce Camus libertaire de 1952 n&#8217;est pas une exception, c&#8217;est le même Camus qui, en 1959, huit mois avant sa mort, répondant à une revue anarchiste brésilienne, Reconstruir, affirmait : &#8220;Le pouvoir rend fou celui qui le détient&#8221; (t. IV, p. 660). Voulez-vous donc honorer l&#8217;anarchiste, le libertaire, l&#8217;ami des syndicalistes révolutionnaires, le penseur politique affirmant que le pouvoir transforme en Caligula quiconque le détient ?</p>
<p>De même, Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande pompe, des chefs d&#8217;Etat qui s&#8217;illustrent dans le meurtre, la dictature de masse, l&#8217;emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lors de vos discours de candidat, annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d&#8217;ailleurs, comment pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien de ne jamais séparer politique et morale ? En l&#8217;occurrence une morale soucieuse de principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité.<br />
Camus parlait en effet dans L&#8217;Homme révolté de la nécessité de promouvoir un &#8220;individualisme altruiste&#8221; soucieux de liberté autant que de justice. J&#8217;écris bien : &#8220;autant que&#8221;. Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c&#8217;est la sauvagerie du plus fort, le triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la liberté, c&#8217;est le règne des camps, des barbelés et des miradors. Disons-le autrement : la liberté sans la justice, c&#8217;est l&#8217;Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral sans états d&#8217;âme ; la justice sans la liberté, c&#8217;était l&#8217;URSS faisant du camp la vérité du socialisme. Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société, Monsieur le Président, celle dont vous êtes l&#8217;incarnation souveraine, n&#8217;est libre que pour les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de liberté.<br />
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<p>Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom aujourd&#8217;hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sans-logis et stagiaires sans contrats, femmes dominées et minorités invisibles. Pour eux, il n&#8217;est guère question de liberté ou de justice&#8230; Ces filles et fils, frères et soeurs, descendants aujourd&#8217;hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d&#8217;Afrique du Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés, défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne. Vous êtes-vous demandé ce qu&#8217;aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement individualiste ?</p>
<p>Comment allez-vous faire, Monsieur le Président, pour ne pas dire dans votre discours de réception au Panthéon, vous qui êtes allé à Gandrange dire aux ouvriers que leur usine serait sauvée, avant qu&#8217;elle ne ferme, que Camus écrivait le 13 décembre 1955 dans un article intitulé &#8220;La condition ouvrière&#8221; qu&#8217;il fallait faire &#8220;participer directement le travailleur à la gestion et à la réparation du revenu national&#8221; (t. III, p. 1059) ? Il faut la paresse des journalistes reprenant les deux plus célèbres biographes de Camus pour faire du philosophe un social-démocrate&#8230;</p>
<p>Car, si Camus a pu participer au jeu démocratique parlementaire de façon ponctuelle (Mendès France en 1955 pour donner en Algérie sa chance à l&#8217;intelligence contre les partisans du sang de l&#8217;armée continentale ou du sang du terrorisme nationaliste), c&#8217;était par défaut : Albert Camus n&#8217;a jamais joué la réforme contre la révolution, mais la réforme en attendant la révolution à laquelle, ces choses sont rarement dites, évidemment, il a toujours cru - pourvu qu&#8217;elle soit morale.</p>
<p>Comment comprendre, sinon, qu&#8217;il écrive dans L&#8217;Express, le 4 juin 1955, que l&#8217;idée de révolution, à laquelle il ne renonce pas en soi, retrouvera son sens quand elle aura cessé de soutenir le cynisme et l&#8217;opportunisme des totalitarismes du moment et qu&#8217;elle &#8220;réformera son matériel idéologique et abâtardi par un demi-siècle de compromissions et (que), pour finir, elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la liberté&#8221; (t. III, p. 1020) - ce qui dans L&#8217;Homme révolté prend la forme d&#8217;une opposition entre socialisme césarien, celui de Sartre, et socialisme libertaire, le sien&#8230; Or, doit-on le souligner, la critique camusienne du socialisme césarien, Monsieur le Président, n&#8217;est pas la critique de tout le socialisme, loin s&#8217;en faut ! Ce socialisme libertaire a été passé sous silence par la droite, on la comprend, mais aussi par la gauche, déjà à cette époque toute à son aspiration à l&#8217;hégémonie d&#8217;un seul.</p>
<p>Dès lors, Monsieur le Président de la République, vous avez raison, Albert Camus mérite le Panthéon, même si le Panthéon est loin, très loin de Tipaza - la seule tombe qu&#8217;il aurait probablement échangée contre celle de Lourmarin&#8230; Mais si vous voulez que nous puissions croire à la sincérité de votre conversion à la grandeur de Camus, à l&#8217;efficacité de son exemplarité (n&#8217;est-ce pas la fonction républicaine du Panthéon ?), il vous faudra commencer par vous.</p>
<p>Donnez-nous en effet l&#8217;exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que, comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu&#8217;au contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que, comme Camus, vous n&#8217;entendez pas mener une politique d&#8217;ordre insoucieuse de justice et de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l&#8217;action politique à l&#8217;amélioration des conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la logique du socialisme libertaire&#8230;</p>
<p>A défaut, excusez-moi, Monsieur le Président de la République, mais je ne croirai, avec cette annonce d&#8217;un Camus au Panthéon, qu&#8217;à un nouveau plan de communication de vos conseillers en image. Camus ne mérite pas ça. Montrez-nous donc que votre lecture du philosophe n&#8217;aura pas été opportuniste, autrement dit, qu&#8217;elle aura produit des effets dans votre vie, donc dans la nôtre. Si vous aimez autant Camus que ça, devenez camusien. Je vous certifie, Monsieur le Président, qu&#8217;en agissant de la sorte vous vous trouveriez à l&#8217;origine d&#8217;une authentique révolution qui nous dispenserait d&#8217;en souhaiter une autre.</p>
<p>Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à mes sentiments respectueux et néanmoins libertaires.
</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La théorie de l’évaluation</title>
		<link>http://www.paris3socialclub.org/?p=271</link>
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		<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 11:03:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>El Guayabero</dc:creator>
		
		<category>Notation évaluation</category>

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		<description><![CDATA[
L’évaluation du travail n’est plus une idée neuve. Elle date de la seconde moitié des années 1990, et en son temps avait suscité de premières analyses 1. L’évolution du marché du travail et notamment la mise en concurrence des secteurs publics a offert une voie royale à cette nouvelle doctrine.

En 2009, la notion pourrait avoir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="gravure-baton-carotte.jpg" src="http://www.paris3socialclub.org/wp-content/uploads/2009/11/gravure-baton-carotte.jpg" /></p>
<p>L’évaluation du travail n’est plus une idée neuve. Elle date de la seconde moitié des années 1990, et en son temps avait suscité de premières analyses<strong> 1</strong>. L’évolution du marché du travail et notamment la mise en concurrence des secteurs publics a offert une voie royale à cette nouvelle doctrine.<br />
<a id="more-271"></a><br />
En 2009, la notion pourrait avoir du plomb dans l’aile. Il aura fallu passer par les hécatombes de salarié-e-s dans les entreprises (ex-)publiques comme France Télécom ou Renault… On aimerait croire que ces morts par suicide puissent faire comprendre aux « décideurs » qu’un truc cloche ; comme on aimerait croire les élus syndicaux qui nous ont rapporté qu’au ministère on s’arrache les cheveux devant ce management ingérable.</p>
<p>En effet, en ligne directe, nous pouvons remonter des dramatiques événements sus-mentionnés à la racine : l’évaluation. « Raccourci ! » nous répondra-t-on. Pourtant, il ne fait guère de doute que la doctrine de l’évaluation soit bien à l’origine des derniers développements qui gangrènent le monde du travail ; qu’elle soit la pièce pivot de toute une stratégie pensée pour définitivement mettre un terme aux solidarités et isoler chaque travailleur-se-s.</p>
<p><strong>Qu’évalue-t-on ?</strong></p>
<p>L’évaluation est celle du travail. Pourquoi pas ? Seulement voilà, le-la travailleur-se doit se soumettre à un entretien annuel seul-e à seul-e avec son-sa supérieur-e hiérarchique, parler de son travail effectué et des objectifs fixés précédemment et en fixer de nouveaux. Ce n’est plus le travail qui est évalué mais le-la travailleur-se.<br />
De la sorte, cette procédure nie totalement le travail collectif – forcément collectif – dans lequel évolue le-la salarié-e-s évalué-e-s. Et c’est bien là le cœur de l’enjeu pour les patrons et les hauts-fonctionnaires : briser les réactions collectives de défense en mettant en concurrence chaque travailleur-se avec ses collègues direct-e-s ; en faire des individu-e-s isolé-e-s pieds et poings liés.<br />
L’évaluation prétend mesurer ce qui est inquantifiable (savoir-faire, interaction entre collègues) en faisant l’impasse sur le processus qui a donné les statistiques brutes.<br />
Christophe Dejours montre que « respecter scrupuleusement les prescriptions, ce n’est rien d’autre que faire la grève du zèle, et la production s’arrête. Travailler, au contraire, c’est faire du zèle ; en l’occurrence, c’est chercher les ajustements des prescriptions qui impliquent souvent des tricheries (qui sont parfois stabilisées sous la forme de “ficelles” de métier)<strong> 2</strong> » ; ainsi le travail, ajoute-t-il, est « ce qui n’est pas donné par les consignes, les prévisions, les prescriptions »<strong> 3</strong>. L’évaluation du travail rate donc l’objet même de sa justification : elle se penche sur le respect des procédures, des objectifs alors même que – si l’on suit Christophe Dejours – le travail constitue cet espace ténu et tu qui consiste, pour les travailleur-se-s, à « tricher », à contourner les directives, les règlements, qui appliqués, condamnent la production à s’interrompre. Nous avons tou-te-s des exemples à la pelle de la fréquente inanité des ordres donnés 4.<br />
Mais Christophe Dejours ne va pas jusqu’à tirer les conséquences de ce qu’il écrit. En effet, si le travail est bien le fait du savoir-faire, de l’astuce, des « ficelles » de métiers des travailleur-se-s, et si les ordres, règlements et autres prescriptions entravent la bonne marche de la production, que ne conseille-t-il pas de nous passer des hiérarchies donneuses d’ordres ?</p>
<p>De même, sa confrère Florence Bègue décrit un secteur préservé de l’entreprise où elle intervient en tant que psychologue du travail 5. Ce secteur nommé la « Sibérie », en raison de la pénibilité des tâches qui y sont effectuées, est un havre de bonne humeur et de bonnes relations : ceux qui y travaillent expliquent que « [l’]organisation du travail [est] laissée en partie à leur propre initiative ; organisation temporelle, choix et adaptation d’outils, conception et modes opératoires » 6. Il ne s’agit pas pour autant d’autogestion, car la hiérarchie est là, bien que discrète et souple. Là non plus, la question de l’utilité de la hiérarchie n’est pas posée.</p>
<p>Selon Michel Lallement, ce management mène à des injonctions paradoxales : « Être dynamique et soumis ; être autonome et intégré ; être adaptable et conforme », et il ajoute que ces pratiques ont été au cœur des « pires figures charismatiques de notre histoire » 7.</p>
<p>L’évaluation rate sa cible, bien pire : la mesure du travail débouche sur la dévalorisation du travail et « [l’]évaluation quantitative est donc fausse et génère des sentiments d’injustice qui ont aussi des effets délétères sur la santé mentale » 8.</p>
<p>Il ne faut pas désespérer Guyancourt</p>
<p>Enfin… l’évaluation rate la cible qu’elle déclare vouloir atteindre. En fait, l’évaluation individualisée des performances semble très bien réussir sur un autre aspect : le biais est enfoncé dans la notion de travail collectif et dans les réactions de défense solidaire des collègues entre eux. Christophe Dejours – encore lui – note bien qu’on touche là la conséquence la plus grave de cette méthode de management : l’effet sur « le travail collectif, sur la coopération et sur le vivre-ensemble » 9, d’autant plus quand elle est accompagnée de « système de gratification ». C’est la porte ouverte « aux conduites de concurrence et de rivalité qui vont jusqu’aux conduites déloyales : rétention d’informations, fausses rumeurs, crocs-en-jambe, etc. » quand en parallèle « les relations de respect de l’autre, de loyauté, de confiance, de prévenance, d’entraide… se disloquent » 10.<br />
En effet, qu’y a-t-il de changé entre Billancourt et Guyancourt ? C’est bien qu’on est passé du caractère collectif des stratégies de défense des ouvriers de Billancourt – avec tous les défauts que l’on sait – à un contexte, à Guyancourt, où les personnes qui se sont suicidées sont allées jusqu’à l’ultime limite de la solitude.</p>
<p>L’évaluation individualisée des personnels a été conçue, à mon sens, pour cela : isoler au maximum chaque travailleur-se, lui ôter toute arme de défense. C’est une étape de plus dans cette sorte de stratégie du « salami » : après avoir compromis les grandes centrales syndicales co-gestionnaires en les amenant à participer à l’exploitation des travailleur-se-s – suivant l’adage « participer, c’est déjà accepter » –, il fallait bien, en visant le passage du collectif à l’individu faire participer (« collaborer » selon le terme en vigueur) chaque travailleur-se à sa propre exploitation. Ainsi, tout le monde est compromis, tout le monde est coresponsable, tout le monde… « collabore ».</p>
<p>Les nouveaux habits de la hiérarchie</p>
<p>Le tour de force est de faire croire que le-la salarié-e est écouté-e et à son mot à dire, atteint une certaine autonomie. Non seulement, comme nous l’avons dit il s’agit de mesurer ce qui est inquantifiable – et il faut bien que l’évaluation porte sur autre chose par conséquent (et c’est donc que le-la travailleur-se est jugé-e en tant que personne) – mais il s’agit aussi de soumettre et de faire faire allégeance.</p>
<p>L’évaluation n’est autre que la « bonne vieille » hiérarchie ravalée par les atours de la Science 11. Aux sempiternels arguments qui voudraient que l’entretien d’évaluation est un moment privilégié de dialogue entre le-la salarié-e et sa hiérarchie directe, on ne peut que crier à la supercherie. Il est grotesque de considérer un seul entretien par an comme facilitant le travail, quand toute l’année les deux parties se parlent au quotidien (quel que soit la cordialité des échanges) ou lors de réunions de service. Oui mais la réunion de service, c’est encore collectif et on ne peut y inciter à la délation, à la calomnie ni menacer ni y répandre des rumeurs et des sous-entendus aussi facilement.<br />
De plus, il est fréquent de constater qu’un-e supérieur-e hiérarchique ne comprend rien au travail que l’on fait (et c’est normal dans un contexte de division des tâches, le problème c’est qu’il-elle prétend juger la qualité dudit travail).</p>
<p>Le management tout beau tout neuf, avec son vocabulaire mal maîtrisé par la hiérarchie, rapidement gavée de séminaires de Gestion de Ressources humaines (impactage, pôle, n+1) – mais qui au moins offre une aura de scientificité à leur démarche – peut mener à des aberrations. J’ai ainsi travaillé dans une équipe de cinq personnes qui était encadrée par pas moins de trois couches différentes de « niveau de responsabilité » (ce qui constituait évidemment un « pôle »). Trois chefs et cinq subalternes…</p>
<p>Avec l’évaluation, on abouti ni plus ni moins à ce que « tout change pour que rien ne change ». Ou plutôt si, en pire : au vieux système de notation des personnels se substitue un renforcement de la hiérarchie et de l’autoritarisme. Avec le n+1, c’est l’évaluation à tous les étages. Mais le n+1, c’est toujours le p’tit chef 12 !</p>
<p>Quelles solutions ?</p>
<p>Il est essentiel de retrouver des réflexes de solidarité entre collègues et de luttes contre les hiérarchies. Le cœur du problème est bien là : refuser coûte que coûte l’atomisation, l’isolement, l’intimidation ; s’organiser en ce sens entre collègues, syndicalement ou non.<br />
Peut-être que le management que les travailleur-se-s subissent actuellement va connaître un temps d’arrêt après ce qui s’est passé chez France Télécom : la première mesure décidée par la direction de l’entreprise a été de geler la mobilité obligatoire.</p>
<p>Et l’on ne peut pas dire que les organisations syndicales représentatives soient des foudres de guerre (sociale) en la matière… Je me souviens encore d’une minable assemblée générale Île-de-France des personnels BIATOSS, en 2004, où la menace suprême avancée par un permanent syndical – « vraiment-s’il-faut-aller-jusque-là-on-le-fera » – c’était une éventuelle grève : ça s’est terminé en piteux rassemblement devant la Sorbonne deux semaines après, à une trentaine de personnes (dont quelques-unes en grève, dépourvues qu’elles étaient de mandat de permanent syndical). Voilà pour l’évaluation.<br />
Mais attention, depuis des années les organisations « responsables » déclarent dans leur presse qu’elles sont contre l’évaluation et que donc il faut voter pour elles pour qu’elles puissent le dire en commissions par(as)itaires, non mais 13 !<br />
De son côté, la CNT a organisé des campagnes de boycott des entretiens d’évaluation, par exemple à la Bibliothèque nationale de France dès 2002, ou encore à l’Université Paris III (Censier) depuis 2004. Le succès a été mitigé et variable selon les services. De même les syndicats CNT-équipement du Rhône et CNT-Santé-social de la Loire se mobilisent 14.<br />
Les refus collectifs d’évaluation les plus fréquents se pratiquent là où il y a des équipes soudées et attachées au caractère collectif de leur travail : je pense ici, entre autre, pour l’enseignement supérieur, aux personnels des bibliothèques. Il est plus difficile de refuser pour des personnes travaillant relativement seules. Quoiqu’il en soit, il est primordial de refuser et d’inciter les collègues à refuser leur entretien d’évaluation, tant qu’il est encore temps. En effet, le projet de loi de mobilité des fonctionnaires – examiné en catimini à l’Assemblée cet été – pourra servir à terme à se débarrasser des récalcitrant-e-s (comme déjà dit : l’évaluation, c’est la soumission). Dans la fonction publique, l’évaluation est bien là pour servir d’outil à la future loi sur la mobilité des fonctionnaires 15.</p>
<p>La psychologue Anne Dufourmentelle  a déconseillé aux salarié-e-s fragilisé-e-s de participer aux entretiens d’évaluation, pour leur éviter d’avoir à reconnaître une fois de plus leurs faiblesses et de se faire humilier : prenons les devants ! Refusons aussi quand (tant qu’) on a la santé !</p>
<p>Avec la gestion directe des entreprises et des administrations par les travailleur-se-s, l’évaluation – s’il en faut une – se fera d’elle-même quant à la qualité du travail, son organisation, son utilité sociale.</p>
<p>Hervé, CNT - STE 75 – Bibliothèque Mazarine<br />
Première publication dans la revue n&#8217;Autre Ecole</p>
<p>1  Faguer, Jean-Pierre &amp; Balazs, Gabrielle : « Une nouvelle forme de management, l’évaluation » in Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 114, n° 1, 1996, pp. 68-78.<br />
2  Dejours, Christophe : L’évaluation du travail à l’épreuve du réel : critique des fondements de l’évaluation – INRA (Sciences en questions), 2003, p. 17. Un petit ouvrage ravageur pour la notion d’évaluation du travail.<br />
3  Ibid., p. 43.<br />
4  Il y a quelques années, Le Monde libertaire rapportait que sur une chaîne d’une usine de l’industrie automobile, les travailleurs avaient décidé de respecter scrupuleusement le règlement : en quelques heures la production de l’usine a été totalement bloquée.<br />
5  Dejours, Christophe &amp; Bègue, Florence : Suicide et travail : que faire ? – PUF (Souffrance et théorie), 2009, pp. 99-101.<br />
6  Ibid., pp. 99-100.<br />
7  Lallement, Michel : Le travail : une sociologie contemporaine – Gallimard (Folio-essais), 2007, p. 228.<br />
8  Dejours, Christophe &amp; Bègue Florence : op. cit., p. 43.<br />
9  Ibid, p. 44.<br />
10  Ibid.<br />
11  Lire Zarka, Yves Charles : « L’évaluation : un pouvoir supposé savoir » in Cités. Philosophie, Politique, Histoire, n° 37, 2009, pp. 113-123. Citons un autre article de cette revue dont le dossier s’intitule : « L’idéologie de l’évaluation : la grande imposture » : Aflalo, Agnès : « L’évaluation : un nouveau scientisme », pp. 79-89.<br />
12  Ce sont de « nouvelles techniques de domination » selon Gollac, Michel &amp; Volkoff, Serge : « Citius, altius, fortius » in Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 114, n° 1, 1996, pp. 54-67, ici p. 63.<br />
13  Dernier exemple en date qui me tombe sous la main : Convergences : spécial Magasiniers, octobre 2009, p. 7. Ce bulletin du SNASUB-FSU est consacré aux élections aux commissions administratives paritaires des magasiniers des bibliothèques. On aura d’autres nouvelles aux prochaines élections…<br />
14  Cf. : « Sois mobile ou dégage » et « Entretien d’évaluation : non merci ! » in Le Combat syndicaliste, n° 342, septembre 2009, p. 3.<br />
15  De la même manière que chez France Télécom on pousse les salarié-e-s à la démission pour s’épargner la mise en place d’un plan social, la Fonction publique mettra « en disponibilité » (comprendre : licenciera) ses fonctionnaires qu’elle triera sur la base de leur l’évaluation individuelle. La boucle est bouclée.<br />
16  France Culture : émission « Macadam Philo », vendredi 13 novembre 2009.
</p>
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		<title>Rhabillés pour l&#8217;hiver</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 11:02:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Miss Bretzel</dc:creator>
		
		<category>Culture</category>

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		<description><![CDATA[Les années d&#8217;hiver de Guattari, recueil de textes (entretiens, tribunes, articles&#8230;) écrits entre 1977 et 1985, vient d&#8217;être ré-édité aux Prairies Ordinaires, avec préface de François Cusset. De quoi se prémunir contre l&#8217;hiver ambiant et alimenter les feux. Et si d&#8217;aventure on leur préfère la chaleur et les lumières plus douces émanées d&#8217;une lucciola on [...]]]></description>
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<p>Sinon, on peut toujours ressortir son plus beau chandail à motifs.
</p>
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		<title>Franck Lepage - Le projet</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 11:14:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Social Buro</dc:creator>
		
		<category>Uncategorized</category>

		<category>Puissance de feu de la ponte</category>

		<category>Humour</category>

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		<description><![CDATA[Franck Lepage anime des conférences gesticulées. Il s&#8217;attaque ici au mot &#8220;projet&#8221; et révèle tout ce que son emploi sous-entend dans l&#8217;organisation du travail et l&#8217;idéologie. Pointu et drôle à la fois ! De l&#8217;humour politique sans démagogie. Le paris3socialclub soutien le projet de Franck Lepage !


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