Allons, soyons sérieux !
Copinage : Mon père est un personnage étonnant, il s’est enhardi a écrire un texte constitué de mots incorporant les cinq voyelles aeiou et dont la première est un a. Il lui manquait une échappée sur le net, voilà le mal réparé.
Allons, soyons sérieux !
Il faut être anéquivoque et catégorique : il n’y a rien d’anecdotique ni non plus d’architectonique dans un abreuvoir. Ce n’est ni le rien ni le tout. Certes un agioteur grandiloquent peut dire par une axiomatique anhistorique que c’est le tout. Un glacionaute, aristocratique ou agriculteur peut affirmer dans un dire manipulatoire et antinomique que l’abreuvoir est aliquote à la banquise. Tout cela est en adéquation harmonieuse -et même en accentuation narquoise- de l’anecdotique : c’est oiseux.
Soyons laconiques, il y a tant de choses oiseuses ou foireuses : les prétentions paranoïaques, les tendances anorexiques, les visées apologétiques, les discours agnostiques ou agonistiques, les ritournelles rhapsodiques, les débats chaotiques, les magistères canoniques, les romans anachroniques, les tauromachies hagiographiques, les modèles anatomiques, les exigences articulatoires, les prévisions astrologiques ou maraboutiques ou une chauve-souris qui serait abiotique ou si l’andouille ou la ratatouille sont des mets gastronomiques. Sans parler du pathologique ou du spasmodique. Plus sérieux déjà sont l’allégorique, l’analogique ou le parodique. Vous souriez, mais c’est vrai : c’est plus sérieux parce que c’est déjà de l’art. Du fait de la finalité sérieuse de l’art, le dernier des aquafortistes rabrouerait sans vergogne rois, princes, évêques et papes. Dans le sérieux, avec l’amour et très près de l’art, qui aiguillonne l’esprit, je place la science qui saupoudrerait la raison -dit-on. Pas le détail scientifique comme le point amphidromique dans l’océan ou la définition de l’année anomalistique. Mais pensons à l’application scientifique personnalisée comme l’audiogramme quand quelqu’un s’interroge sur son acousie. Et songeons aussi à chaque science qui forme un tout cohérent, comme l’acoustique, par exemple, avec bien d’autres telles que bien sûr l’aéronautique, l’arboriculture, la science anthropologique et surtout, au sein de l’astronomique, le principe anthropique qui n’est pas du tout un plan divin mais un destin de l’homme, comme il serait celui de toute vie intelligente collective qui existe dans l’univers. C’est amphigourique, c’est-à-dire plus obscur que clair, et j’y reviendrai.
Cependant la science se questionna-t-elle jamais, avec ou sans axiomatique, sur les vrais grands problèmes : Apocalyptique, l’avenir ? Asymptotiques, la foi et la raison humaines ? Asymbolique, l’Art ? Asynchroniques, l’espace et le temps ? Paroxystiques, c’est-à-dire toujours vers le plus catastrophique ou cataclysmique, les crises ? On ne sait et Dieu lui-même le sait-il ?
En s’interrogeant pour savoir si l’activité humaine peut être anxiolytique, c’est-à-dire aurait l’effet de calmer l’inquiétude, il se trouvera quelque original pour affirmer que non et aussi pour soutenir que Platon s’est trompé en parlant du bien anhypothétique. Chacun sa vérité ? Peut-être. Mais cela n’empêche pas que chacun devrait chercher le vrai ! Et d’abord le vrai bien !
Oui, catholique ou pas, chaque humain juge en soi-même le bien et le mal, que Dieu existe ou qu’il n’existe pas. Alors, soyons bons ! Cherchons toujours une atténuation et même la mort de la mauvaise joie. Une face humaine souriante ne devrait jamais être sardonique. Visons par un espoir de réciprocité une atténuation du mal en l’humain. Et donc au diable la jalousie ! Mais la morale va plus loin que tout cela, l’approche serait-elle macrocosmique ou microcosmique. Dès que l’on se pense comme un tout -donc l’humanité comme chacun de nous- on doit penser qu’on tient mandat d’univers du fait d’être l’aboutissement prodigieux du mécanisme de l’évolution biologique, avec trois genèses inouïes : la première apparition de la vie, puis la première cellule eucaryote (nous sommes avec les algues et bien d’autres, des eucaryotes) puis celle-ci devient un être multicellulaire macroscopique et cela après plus de deux milliards d’années de vie restée planctonique, d’après les archives paléontologiques. Sans oublier l’australopithèque, et ses cousins. Quel beau hasard et presque miraculeux qui auréolerait l’humain ! On n’a plus le droit de cafouiller ni de glandouiller.
Revenons donc sur la Terre, dans l’air atmosphérique qui nous laisse vivre. Touchons le réel. Prenons un exemple concret du monde contemporain. Puisque agir est limité et que penser est infini, j’accouplerai les deux afin qu’ils s’assouvissent : choisissons bien nos pensées. Tout sujet mérite penser d’action. J’approuverai toujours que l’absolutisme saoudien s’assoupisse, s’adoucisse, s’accroupisse, se raccourcisse ou alors qu’il aboutisse à une fin sans parousie c’est-à-dire sans retour au-delà. Qui se souvient du natoufien syrien, un joli décor en souvenir d’une culture grâce aux fouilles archéologiques ! Les gargouilles crachent, les enfants gazouillent et barbouillent ou s’accroupissent et farfouillent, les patrouilles passent : c’est du pareil au même. C’est le monde. C’est la vie.
Il ne faut jamais s’acoquiner. Au contraire, soyons nobles. Authentifions nos argumentations, accueillons les victimes de la paupérisation mais ni les banqueroutiers ni les carambouilleurs. Ne soyons jamais antilogiques. Dans cette voie, on sait déjà que tous les auditoires nous cautionnent, et que tous les audiomètres dans l’audiovisuel nous applaudissent ou nous applaudiront. J’adouberais volontiers les chevaliers du style.
Attention à l’exercice de l’autorité car l’autoritaire joue dans le style autocratique : son autonomie et l’autorisé en tout cas basculent vite vers l’accusatoire. C’est presque automatique. Soyons indulgents. Mais je rabrouerai cependant une gauloise qui bafouille ou un autodidacte qui saucissonne ses phrases. Ah, l’autoréflexion est bien nécessaire pour chacun et devrait être jaculatoire, c’est à dire courte et fervente, comme l’automobile devrait être économe et prudente et les automatismes durables et fiables. Mais toutes les autobiographies, même celles des humains les plus dignes, comportent ce que l’on pourrait appeler des anfractuosités : des trous imprévus.
Alors, nous les humains, nous architecturons nos connaissances, mais qu’en ferons-nous ? Où irons-nous ? Nous agglutinerons-nous dans les villes ou va-t-on s’agenouiller dans les lieux sacrés qui nous amenuiseront peu à peu ? Non, nous nous chercherons peut-être bientôt un mandat. Mandat, vous avez dit mandat ?
Aimé OUPOLI
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